Présentation

LisTIC est un projet de recherche interdisciplinaire coordonné par des chercheurs en sociologie du LISST de l’université de Toulouse 2 en partenariat avec des chercheurs en sciences de l’information et de la communication et en informatique affiliés au LERASS et à l’IRIT de l’université de Toulouse 3. Ce projet est financé de 2016 à 2021 par l’Agence Nationale de la Recherche (projet ANR-16-CE26-0014-01) et a obtenu le label du GDRI Web Science. Les différentes enquêtes réalisées dans le cadre de ce projet, à l’aide des méthodes des humanités numériques, ont été mises en place à l’aide de la plateforme OSIRIM qui est administrée par l’IRIT et soutenue par le CNRS, la région Midi-Pyrénées, le gouvernement français et le FEDER.

Le projet LisTIC explore les usages contemporains des téléphones mobiles et des applications développées par les principaux médias sociaux dans le but de mieux cerner leurs effets sur la composition et la morphologie des réseaux relationnels, sur les sociabilités tissées au travail et sur les formes médiatisées de la participation politique, que ce soit en France durant les élections présidentielles ou dans le cadre des mouvements sociaux actuels au Brésil.

Pour cartographier ces pratiques, le projet LisTIC propose de développer les méthodologies des humanités numériques en exploitant les ressources offertes par les smartphones afin d’en documenter les usages, notamment les formes nomades de la participation aux applications mobiles des réseaux socionumériques (mSNS). L’objectif est de faire converger des protocoles de recherche susceptibles de nous livrer un aperçu exhaustif de l’appropriation contemporaine de ces technologies et de la manière dont elles infléchissent, voire renouvellent, nos structures sociales et relationnelles. Pour relever cet ambitieux défi sociologique, des méthodologies innovantes sont développées en lien étroit avec les méthodes classiques des SHS et leurs acquis théoriques pour favoriser au maximum la cumulativité des connaissances.

L’hypothèse de ce projet revient à percevoir les smartphones et les déclinaisons nomades des réseaux socionumériques comme le creuset technologique où se forge la propagation d’une forme sociale qui tend à être dominante aujourd’hui, celle d’un « individualisme en réseaux », soit une manière d’être et de tisser des liens sociaux de plus en plus travaillée de manière individualisée sous l’amplification des sollicitations sociales et relationnelles émanant des TIC. Cette hypothèse sociologique est explorée dans le cadre de quatre recherches qui ont été conçues pour appréhender trois modes d’appropriation des smartphones :

  • mSNS & Réseaux :  la manière dont les usages nomades des réseaux socionumériques viennent s’articuler avec les pratiques téléphoniques et leurs effets sur la morphologie des réseaux de relations personnels

  • E-participation en France et au Brésil : les formes nomades de la e-participation aux mouvements sociaux (un cas en France, un cas au Brésil) et la manière dont elles favorisent une hybridation des arènes publiques à l’interface entre les territoires urbains et numériques

  • mSNS & Travail : l’inscription des usages des réseaux socionumériques dans l’écologie des activités professionnelles et la manière dont la disponibilité permanente des affinités relationnelles personnelles vient concurrencer les sociabilités professionnelles d’autant plus vécues comme « contraintes ».

Mots clés : Téléphonie mobile, Internet, Réseaux socionumériques, Usages, Communication, Participation, Humanités numériques, Structures sociales.